COMPOSITE [PORTRAITS]

Commande d'écriture sonore et vidéographique
Production : Athénor Production
Collaboration avec Jean-Christophe FELDHANDLER

Voir une selection d'images du vidéo-concert à la Gare Franche, Marseille, mai 2010

j’suis dans un arbre, mais tu m’vois même pas…

L’adolescent est une figure fascinante de notre époque, réceptacle de toute la complexité de nos vies contemporaines et témoin de la fragilité des trajectoires intimes. Les tentatives, les hésitations, les errances, les révoltes nourries par le mélange de l’innocence encore présente et de la dureté des sentiments qui s’affirment, sont autant de fils que le compositeur Jean-Christophe Feldhandler et le vidéaste Philippe Charles ont voulu dérouler et nouer autour du projet « Portrait composite ».

Durant deux années de rencontres organisées dans le cadre de résidences artistiques dans des quartiers de Nantes et Marseille, les deux artistes ont accompagné des jeunes adolescents dans des vagabondages au cœur de leur quartier, leur ville et au-delà ; dans le contexte de leurs vies quotidiennes ou dans des voyages invitant à l’évasion et à la découverte.

S’écartant d’une vision tragique et malaisée de l’adolescence où l’on ne pourrait que lire le poids des déterminismes sociaux, ils ont saisi lors de ces parcours toute la poésie d’une énergie vitale où se mêlent et s’entrechoquent les pratiques codées et les langages confus, les regards habités de gravité et les visages encore enfantins, la fraîcheur naïve et l’inquiétude mature.

Portrait composite est le produit de cette complexité sensible, une construction ouverte qui fabrique avec les matériaux de la langue, de l’image et de la musique un cheminement dans la fragilité, le désordre, le joyeux, la tendresse, la connivence, la spontanéité.

Comme les conversations « décousues » des adolescents s’étirant parfois dans l’éternité d’une après-midi, le spectacle oscille entre réel, fiction et abstraction dans une fluidité étonnante.

Dans un swing cabossé et joyeux, mêlant les sonorités et les esthétiques, le trio trombone, contrebasse-voix et percussions joue des énergies qui traversent les images et les paroles. Reprenant le matériau brut des captations de bruits et de mots, la percussion tisse le lien entre sons concrets et sons abstraits, la voix, dans un parlé-chanté, dialogue avec la bande. A chaque mouvement, le phrasé musical s’estompe dans une mélodie évanescente, l’image devient musique et reprend le fil.

Projetée sur plusieurs écrans, l’image chemine entre le statique des portraits - regards adressés ou captés sur le vif -, la vitalité et l’énergie des ralentis et des accélérations, le témoignage et le documentaire, les instants d’abandon des personnages, la matérialité brute des espaces urbains arpentés, le mystère de paysages d’où émergent parfois des corps énigmatiques de figures allégoriques…

Toute la poésie et l’émotion qui enveloppent petit à petit le spectateur, tiennent dans l’unité d’un langage qui pourtant se construit à partir de la diversité et du « composite » des matériaux. On revient à cette figure de l’adolescent, complexe, plurielle, contradictoire, atomisée, en devenir, en incertitude contenue dans un seul et même individu.

 

 


« Portrait Composite fait partie de ces œuvres qui ouvrent le spectateur à une sorte de naïveté, qui n’est pas l’idiotie béate, mais un état natif : voir et entendre comme si c’était la première fois. Trouver à travers ces sons et ces images un droit de cité que seul l’art peut offrir quand la parole politique a déserté les corps en souffrance. » Marc Mercier (Directeur artistique des Instants Vidéo à Marseille – Extrait d’un article paru dans la revue Bref - mai 2010)

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